Marina Chiche est née en 1981 à Marseille, ville cosmopolite qui lui a certainement donné le goût des vastes horizons. Mais rien ne la prédisposait à porter ses pas – et son archet – dans les principales métropoles germaniques, à Budapest, et jusqu’à Taiwan. Rien, sinon une curiosité insatiable, une volonté d’aller au fond des choses qui ont transformé la prometteuse diplômée du Conservatoire de Paris en musicienne accomplie et polyvalente. Aujourd’hui jeune trentenaire, Marina mène une carrière de soliste internationale ; mais elle aborde avec la même réussite la musique de chambre et la musique baroque, se passionne pour l’enseignement, tout en étant demandée comme Konzertmeister par un nombre croissant d’orchestres de chambre.

Ce cheminement original et exigeant, Marina Chiche le doit largement à son premier professeur, Jean Ter Merguerian, au Conservatoire à rayonnement régional (CRR) de Marseille. Cet élève de David Oïstrakh lui a transmis la grande tradition russe, mais lui a surtout insufflé un feu sacré que les rencontres ultérieures n’ont fait que canaliser, enrichir, compléter.

À seize ans, Marina est admise première nommée en violon au Conservatoire national supérieur de musique et de danse de Paris. À vingt et un ans, elle entre en fanfare sur la scène musicale. « Révélation classique » de l’Adami (2003), elle enregistre plusieurs disques accueillis chaleureusement par la critique. Elle est sélectionnée à deux reprises aux Victoires de la Musique classique dans la catégorie « Révélation instrumentale française » (2004, 2005), et de nombreuses prestations lors d’émissions de radio et de télévision assoient sa notoriété naissante.

Les engagements s’enchaînent, en soliste avec orchestre, en récital ou en musique de chambre. Mais la jeune musicienne veut prendre le temps de nourrir son art. La rencontre avec Pierre-Laurent Aimard, puis celle avec György Kurtág, font naître un sentiment nouveau de « responsabilité » envers les compositeurs : la compréhension du processus compositionnel et sa mise en perspective historique deviennent les atouts d’interprétations encore plus riches. Marina Chiche fait une licence de littérature et civilisation germaniques et poursuit des études de musicologie au Conservatoire de Paris, où elle aura finalement empoché quatre premiers prix : violon, musique de chambre, analyse et esthétique. Elle se perfectionne auprès de Joseph Silverstein, Ida Haendel et Boris Belkin dans le cadre d’académies telles que Verbier ou Sienne.Après un séjour à Vienne dans la classe de Boris Kushnir, la rencontre d’Ana Chumachenco se révèle décisive. Marina suit son enseignement à la Hochschule de Munich, où elle obtient un Meisterklassediplom. Parallèlement, elle enseigne le violon au CRR de Caen (2007-2008) et donne des conférences à Sciences-Po (2008). Fascinée par les cultures asiatiques, elle saisit l’occasion d’aller enseigner à l’Université des arts de Taipei (2009-2010) et ajoute le chinois à sa palette linguistique.

À son retour en Europe, elle vit deux expériences décisives : elle approfondit Bach et le grand répertoire auprès du pédagogue hongrois Ferenc Rados, et elle fait un master de musique ancienne à l’Universität der Künste de Berlin – ville où elle s’est établie. Elle noue de nouvelles collaborations artistiques avec des artistes comme le pianiste Florent Boffard, le violoncelliste Anssi Karttunen ou le clarinettiste Chem Halevi. Elle est invitée comme Konzertmeister par des formations de chambre telles que la Camerata de Berne, la Camerata d’Israël ou la Deutsche Kammerphilharmonie de Brême, dirigeant et jouant en soliste du sein de l’orchestre. Pédagogue recherchée, elle enseigne le violon à la Musikhochschule de Trossingen (Allemagne).

Marina Chiche se produit dans les salles les plus prestigieuses : Théâtre des Champs-Élysées, Théâtre du Châtelet, Radio France et Cité de la Musique (Paris), Gasteig (Munich), Athénée (Bucarest), Radio hongroise (Budapest), Bozar (Bruxelles), Nikkei Hall (Tokyo), Salle de concert nationale (Pékin), Philharmonies d’Odessa, Ekaterinbourg et Pärnu, Auditorium de Saragosse. Elle est l’invitée de nombreux festivals en France et à l’étranger : Printemps des arts à Monaco, Festivals de Gubbio et Montepulciano (Italie), Sarasota (États-Unis), Verbier (Suisse), Istanbul (Turquie), Louisiana Museum (Danemark), Great Wall Festival (Chine), Festival am Mirabellschloss de Salzbourg (Autriche), Festival Viva Musica de Bratislava (Slovaquie) …

Elle joue en soliste avec de nombreuses formations françaises (Orchestre de Paris, Orchestre national de Lille, Orchestre national de Lorraine, Orchestre philharmonique de Nice…) et étrangères (Orchestre philharmonique de l’Oural, Orchestre symphonique de Pärnu, Orchestre symphonique d’Ukraine, Philharmonie de Baden-Baden, Sinfonietta de Lausanne, Cappella Istropolitana de Bratislava, Orchestre national de radiodiffusion de Pékin…).

Marina Chiche a pour partenaires de musique de chambre des musiciens comme Joseph Silverstein, Augustin Dumay, Renaud Capuçon, Pierre-Laurent Aimard, Vladimir Mendelssohn, Jonathan Gilad, Hagaï Shaham ou Philippe Bernold. Parmi ses concerts récents et à venir, citons une tournée au Japon, des invitations régulières au festival de Prussia Cove (Angleterre), des concerts au Festival Schumann de Bonn ou, en novembre 2013, à la Folle Nuit de Marseille.

Son disque des sonates pour violon et piano de Johannes Brahms aux côtés de Vahan Mardirossian (Intrada, 2003) a reçu les plus hautes distinctions (« Recommandé » par Répertoire-Classica, « Coup de cœur » de Piano Magazine, « Coup de cœur » de RTL). Chez le même éditeur, elle a publié Après une lecture de Bach, un programme original pour violon seul autour de Bach. Elle a participé à l’enregistrement de la musique de chambre d’Éric Tanguy chez Transart Live.

Marina Chiche joue un violon napolitain de Giuseppe Gagliano (1762).

Texte: Claire Delamarche