Tout ce que vous avez toujours voulu savoir sur la vie d’un musicien pro #1

Après l’article précédent où je vous parlais de mon actualité, j’ai envie cette semaine de vous parler de ce que préparer une série de concerts signifie – dans la réalité. 

Bien sûr, la préparation d’un concert est un vaste sujet en soi : de la logistique des voyages à la construction d’une interprétation, des répétitions aux challenges de la scène … Bref ! Une foule de sujets que j’aborderai sans doute dans des posts ultérieurs. 

Ce sur quoi je préfère me concentrer aujourd’hui, c’est de cette chaîne d’actions que l’on ne perçoit pas toujours de l’extérieur et que moi-même j’ai tendance (envie !) à vouloir oublier. 

Au moment de reprendre la route après ma pause estivale, le violon en bandoulière, ce qui me frappe, c’est l’ensemble de ces actions connexes en amont de l’entrée en scène. Et parfois cela relève de la course d’obstacles.

…à temps ⏱

Vu de l’extérieur, on peut penser que le musicien ne se prépare que pour jouer son programme musical sur scène le jour J. 

Il est vrai qu’on associe souvent une vision romantique à la vie de musicien, un artiste bohème qui en somme attendrait semi-passivement d’être visité par les Muses, par l’inspiration au moment du concert. En effet, il y a quelque chose de cet ordre : comme si chaque moment de concert, incarnation de l’éphémère, était l’aboutissement momentané de toute la ligne de vie de l’artiste; tout ce qui précède mène à ce moment. 

Mais derrière cet instant sacré se cache une infinité de préparations multiples : de la logistique la plus basique à l’organisation du travail artistique. 

En fait, il est plutôt question d’intendance, souvent, de rituels, parfois; en somme, d’un multi-tasking vertigineux. 

Le point commun qui me semble regrouper tous ces aspects, qui m’occupent voire me préoccupent, c’est la gestion du temps. 

Cela peut sembler ironique car ne dit-on pas que la musique est l’art du temps ? Et bien, une vie de musicien est une tentative permanente de trouver un équilibre, à la recherche d’un…rythme perdu pour arriver « à temps ». 

Rythme de vie, rythme de travail. Un rythme suffisamment ferme pour générer une musique harmonieuse et suffisamment souple pour pouvoir respirer. Alors, oui, chaque musicien se doit d’être un maître des horloges, à sa facon … 😉

De la logistique au travail musical

Bienvenue à l’agence de voyages Marina  🌴✈️🚅🚗🗻

Il y a d’abord l’organisation des agendas et des déplacements. 

Beaucoup de mes collègues musiciens seraient d’accord avec moi. Après quelques années à tourner, on en vient à développer des compétences dignes des meilleures agences de voyage ! 

Trouver le billet le moins cher en un temps record qui vous permettra d’arriver à temps, en évitant les correspondances et attentes inutiles dans les aéroports et bien sûr, sans oublier de prendre en compte dans la réservation l’instrument que l’on doit prendre en cabine. En espérant que tout soit à l’heure et avec le bagage à l’arrivée. 

Les anecdotes liées à des péripéties sur ce sujet pourraient faire l’objet d’un post à part entière, et pourtant je ne suis ni guitariste ni violoncelliste…

Et je ne développerai pas aujourd’hui sur l’obtention des visas, renouvellement de passeport et autres réjouissances administratives liées aux voyages.

A la recherche de l’atelier idéal …

La gestion du temps se décline parfois aussi dans des aspects très terre-à-terre comme l’organisation du planning de répétitions avec différents collègues sur différents programmes dans différents lieux. Casse-tête chinois qui se complique quand il faut en plus trouver des lieux avec piano dans lesquels répéter. 

Mes amis parisiens en savent quelque chose : c’est ma nouvelle obsession !

Je suis constamment à la recherche de ce lieu idéal, si possible avec piano, dans lequel pouvoir travailler nuit et jour au calme. Idéalement hors de chez moi mais pas trop loin. Un atelier…pour justement arriver à créer des moments de concentration « hors du temps » !

De la valise au violon ou l’art des rituels 👝

La logistique, c’est aussi la valise. Les « fringues » de concert amenées au pressing, prêtes et lavées à temps. 👗👠 La pile de partitions si possible à portée de main, au cas où la valise serait perdue.

A chaque valise que l’on fait, on réinvente un peu sa vie. C’est un mélange entre une routine machinale voire un moment qui peut se transformer en phobie (personnellement, je déteste faire ma valise) Mais aussi, un moment d’excitation car chaque nouveau déplacement, chaque nouveau festival est un chapitre vierge à écrire (et j’aime bien démarrer une nouvelle page). 

Autre passage obligatoire avant une série de concerts : je fais un saut rue de Rome, la fameuse rue des luthiers. Je passe à l’atelier Vatelot-Rampal pour mon violon puis à l’atelier d’Arthur pour mon archet. 

Chez Alex et Arthur, je laisse mon archet un ou deux jours pour qu’on lui refasse la mêche : cela veut dire poser une nouvelle mêche de crins sur la baguette. Vous savez, ces crins de chevaux (si,si..!) sur lesquels on met la colophane (la résine comme les danseuses au bout de leurs pointes) et avec lesquels on frotte littéralement les cordes pour produire le son. Au bout d’un mom ent, les crins s’usent ou sont trop chargés de colophane. Pour avoir une résonance optimale, rien de tel qu’une mèche neuve. 

  

A l’atelier Vatelot-Rampal, c’est Adélaide qui s’occupe de mon violon. Elle change mes cordes (Non, je n’aime pas le faire. Depuis que je suis petite… assez honteux j’avoue). Adé vérifie que mon violon ne s’est pas décollé. Les violons italiens sont capricieux parfois et avec le temps (le mien n’est pas tout jeune…), ils ont souvent des zones de fragilité. 

On dit bien qu’un bon artisan se reconnait à l’état de ses outils. Et on peut ajouter qu’il y a quelque chose de rassurant à se dire que l’on met toutes les chances de son côté. Parmi tous les paramètres que l’on ne pourra pas contrôler, voilà une petite contribution. 

Et puis, pour moi, les luthiers et archetiers sont des amis, un peu substituts de psy parfois, qui écoutent non seulement nos instruments mais aussi nos moments de stress et de névroses. Et puis ils sont devenus des amis fidèles au fil du temps. Cela fait plus de vingt ans que je vais à l’Atelier Vatelot Rampal. Et à chaque fois que j’y vais, c’est un peu comme si j’allais « à la maison ». 

Le coeur de la préparation 🎼 🎻

Bon, c’est bien tout ça, me direz-vous…mais alors, quand est-ce qu’on joue ?

La gestion du temps, c’est bien sûr avant tout l’organisation de mon temps de travail personnel. Là il s’agit de préserver des îlots de calme, de réflexion, de contemplation. Ce qui est dur à quantifier. En fait, c’est un processus d’intégration qui passe par différents canaux et différentes phases ou séquences difficilement séparables.

Dans ce temps de travail personnel j’inclus aussi la préparation physique, la réflexion sur la posture et des étirements sous forme d’exercices de QiGong par exemple. Car la préparation de la scène, au-delà de l’apprentissage d’une partition, se décline dans trois aspects : le mental, l’émotionnel et le physique. J’en parlerai plus longuement une prochaine fois.

. Des neurosciences au violon ou comment optimiser son travail ⏳

Entre mes 15 et 30 ans, il m’est arrivé de travailler régulièrement 8 à 9 heures par jour. Mes (pauvres) voisins s’en souviennent. Avec le recul, j’émets de sérieux doutes sur la nécessité d’une telle quantité d’heures. Il est vrai qu’à cet âge, l’enjeu est autre. Il y a une vraie boulimie musicale – on veut tout jouer – et on s’attelle à construire son répertoire, à développer une relation forte à l’instrument. 

Pour autant, mon rythme de vie (déplacement, enseignement, études supérieures) m’a amenée à privilégier la qualité à la quantité. Le pédagogue russe Leopold Auer conseillait à ses élèves de travailler au maximum trois heures par jour. Au-delà il y a un risque de saturation des capacités d’intégration du cerveau. Et il faut reconnaitre que la quantité sert souvent seulement à nous « rassurer » et à calmer nos états de nervosité. Mais cela a un prix fort sur le corps – fatigue physique et sur-sollicitation musculaire – et sur le mental – perte de la ferveur et de la fraîcheur par rapport à la pièce. 

Alors, avant d’attaquer une phase de préparation intense pour une séquence de concerts avec un nombre de pièces conséquent, la première chose que je fais est de m’armer d’une feuille de papier et d’un crayon. J’essaie tant bien que mal d’évaluer le temps nécessaire pour chaque pièce et de voir sous forme de rétro-planning quand chaque pièce doit être « visitée », lue ou relue. Parfois, j’ai l’impression de jongler. 

J’ai aussi appris avec le temps l’importance de prévoir des phases sans travail actif. Laisser le cerveau intégrer les données, en mode « veille ». Le moment où je sais que la digestion a lieu est quand je « rêve » littéralement de la pièce, elle se rappelle à moi dans ma tête, je me mets à la chanter intérieurement, à percevoir de nouvelles relations à l’intérieur de l’oeuvre. C’est un processus assez irrationnel.

.Laisser le temps au temps 

Il faut arriver à créer des priorités, entre pièces neuves ou anciennes. Ne commencer ni trop tôt (c’est rare!), ni trop tard pour selon les cas, garder la fraicheur et/ou laisser mûrir. C’est une équation tendue. Sachant que l’idéal est cette sensation de rêver les pièces, de les re-composer, autrement dit de les avoir intégrées tellement qu’elles n’ont plus qu’à jaillir de notre inconscient. Un idéal entre abandon et contrôle.

La construction de ce planning est parfois périlleuse entre temps long, moyen et court

Par « temps long », j’entends d’abord le fait que j’ai commencé à jouer du violon et à étudier la musique à trois ans. Donc je peux m’appuyer sur maintenant plus de trente ans de musique à hautes doses quotidiennes. J’ai déjà un long passé avec certaines pièces qui habitent mon imaginaire depuis la plus tendre enfance.

Le temps moyen, c’est le fait qu’au cours des études et des différents concerts et festivals, j’ai construit une large base de répertoire que je joue plus ou moins régulièrement; un peu comme si, je disposais maintenant de pièces en stock dans mon congélateur ou disque dur…comme vous voulez ! On en deviendrait presqu’un juke-box !

Le temps moyen, c’est aussi celui de l’anticipation de l’apprentissage de nouvelles pièces. Par exemple de pièces ardues ou de musique contemporaine qui nécessitent une réflexion sur le langage, la lecture de la partition ou alors pour la mémorisation de certaines pièces, comme je l’ai fait pour les sonates de Schumann avec Abdel Rahman El Bacha. 

Le temps court, c’est celui de l’apprentissage de nouveaux répertoires, parfois à une vitesse grand V. Expérience, rapidité de lecture à vue, anticipation des formes et des structures : on a des kilomètres au compteur. Entre création d’oeuvres nouvelles et festivals de musique de chambre ou remplacement au pied levé.

.la vertu des basiques

Une  de mes lubbies, et mes élèves le savent, c’est la pratique des basiques. J’ai découvert ce concept lors de mon année passée à enseigner à la Taipei National University of the Arts en 2009. Dans la bibliothèque principalement anglophone, j’ ai découvert des trésors pédagogiques sous la forme des méthodes écrites par le professeur anglais Simon Fischer. Je me suis ainsi familiarisée avec les techniques d’enseignement de la grande pédagogue du violon américain, Dorothy Delay. Professeur célèbre qui a enseigné à la Juilliard School de New York et ancienne assistante d’Ivan Galamian. Je vous reparlerai de ces figures de la pédagogie du violon. 

L’idée maîtresse est la suivante. Quand on dispose d’un temps limité, à quel tâche consacrer ce temps ? Il existe à ce sujet une jolie histoire qui dit qu’à choisir un bûcheron, passera le maximum de ce temps imparti à aiguiser ses outils, à affûter sa hache. De même pour les sportifs qui vont mettre le maximum de leur temps sur la préparation de fond. Et bien pour nous, il y a quelque chose de similaire. A choisir entre répéter (au sens littéral du terme) un morceau, on préférera huiler les rouages, faire des gammes et des sons filés pour retrouver les sensations profondes, « serrer quelques boulons ». 

Alors, musicien ou chef cuisinier ?

Le grand violoniste russe (mon idole, vous le savez déjà), Jascha Heifetz disait :

« Pour jouer du violon, il vous faut les nerfs d’un torero, la vitalité d’une hôtesse de boîte de nuit et la concentration d’un moine bouddhiste ».

J’aurais envie de rajouter à cette description de compétences, celle du sens de l’organisation d’un chef cuisinier. Si on file la métaphore, il s’agit non seulement de concocter un plat savoureux, respectueux de la recette et créatif, innovant avec une touche personnelle mais aussi de choisir les meilleurs ingrédients, de maitriser le temps de cuisson des différents plats : savoir quand lancer en cuisine les différents plats pour qu’ils soient présentés et servis à la juste température, à temps. 

Dans la musique, rien que dans la musique

Qui eût cru qu’être musicien pouvait générer de telles activités et un tel sens de la planification ? Alors oui, certains artistes sont entourés d’une équipe qui les bichonne, les babysitte même parfois. Et certains de mes collègues sont chroniquement désorganisés et en retard. On les aime quand même…

En fait, le but de toutes ces actions contrôlées, c’est de créer l’espace pour accueillir un moment de magie, un moment de liberté. Tout ce chaos, ce bruit organisationnel tend vers une harmonie, et surtout vers un moment de silence. Finalement, le moment du concert où l’on se retrouve sur scène, silence avant que la musique ne commence. 

Vous vous doutez que j’ai hâte d’être sur la route… je vous écris d’ailleurs depuis un Eurostar bien matinal.  

En fait, j’ai hâte surtout d’être dans ces moments « hors du temps » où je suis dans la musique, rien que dans la musique.

 

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#unevieenviolon #alifewithaviolin

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Une rentrée bien chargée et pleine de musique

Je n’ai pas l’habitude de beaucoup écrire ici. Mais voilà, nouvelle résolution pour la nouvelle saison. Je vais essayer de partager avec vous un peu plus de mon actualité et de mes activités. 

J’aimerais vous parler aujourd’hui de mon programme des trois prochains mois. Je suis impatiente de commencer une série de beaux rendez-vous musicaux. J’ai hâte de jouer avec des collègues merveilleux comme Nicholas Daniel, Katya Apekisheva et Leonard Elschenbroich à Leicester (UK), Aurélien Pontier à Düsseldorf (Allemagne) et Poitiers, Abdel Rahman El Bacha et Tedi Papavrami en Italie. 

Le répertoire va être conséquent : pièces francaises en solo avec orchestre, le Concerto de Beethoven, les sonates de Schumann, Schubert et Brahms, trios de Beethoven, et beaucoup de musique de chambre de Dvorak, Martinu, Bartok et Rachmaninov ainsi que de la musique contemporaine de Thea Musgrave. 

Ce qui m’excite en particulier, ce sont la variété des lieux dans lesquels je vais me produire, les multiples collaborations artistiques qui m’attendent et le vaste répertoire que je vais jouer. 

. les lieux

Je vais me produire dans plusieurs pays (France, Angleterre, Allemagne, Italie et Albanie). Certains lieux sont des premières fois, d’autres sont comme « revenir à la maison ». Par exemple à Leicester ou à Poitiers. Et enfin, certains ont une signification affective forte pour moi. Aujourd’hui j’aimerais vous parler des Invalides. 

En effet, j’ai joué la première fois dans la Cathédrale des Invalides en 2003-2004, lors de mes nominations aux Victoires de la Musique en tant que Révélation soliste instrumentale. La première fois, les nominés avaient été invités à enregistrer un disque produit en live à la Cité de la Musique et distribué par Télérama. Mon passage à la télévision avait été remarqué car ma corde de Mi avait lâché juste avant la fin de la Polonaise brillante de Wieniawski – un grand moment d’adrénaline, d’autant que c’était du live en prime time à la télévision ! Heureusement j’avais eu le réflexe d’attraper le violon du premier violon pour finir de jouer la pièce. 

Bref ! L’année suivante, lors de ma deuxième nomination, les lauréats étaient invités à enregistrer deux pièces avec l’Orchestre de Paris (rien que ca !) sous la direction de Pascal Rophé. J’ai interprété la Méditation de Thais de Massenet et la Fantaisie sur des airs de Carmen de Sarasate. Pour ce tournage matinal, nous avions à disposition la Cathédrale des Invalides – véritable écrin sonore et – détail mode – on m’avait même prêté une robe John Galliano 👗

 👉Liens Youtube :

Après ce tournage, j’ai eu la chance de régulièrement jouer dans ce lieu chargé d’histoire (tombeau de Napoléon entre autres), dans des séries organisées par la banque CIC, en musique de chambre et avec orchestre; notamment sous la direction de Francois Boulanger l’Orchestre de la Garde républicaine avec lequel j’y ai enregistré en live des pièces francaises de Saint-Saens en 2007.

 👉Par exemple, le Rondo Capriccioso 

En Juin 2008 j’y ai aussi joué, cette fois en plein air, dans la grande cour pour la Fête de la Musique dans une thématique autour des musiques de film. 

👉 La Liste de Schindler de John Williams.

Je suis donc particulièrement impatiente d’y retourner le 9 Octobre. Je jouerai d’ailleurs la Havanaise et le Rondo Capriccioso de Saint-Saens ainsi que Tzigane de Ravel. Cette fois-ci je serai accompagnée par l’Orchestre de Chambre de Toulouse. Le concert sera capté et rediffusé en live sur Radio Classique.

. Le répertoire

J’adore ces pièces francaises avec orchestre que j’ai citées précédemment. Elles ont pour moi une saveur d’enfance et incarnent vraiment le grand répertoire du violon. Elles sont incontournables dans le répertoire de virtuosité violonistique et surtout, ce sont selon moi des bijoux, véritables chefs-d’oeuvre du genre dans un style séduisant, charmeur et brillant. 

Pour moi, je les associe à la période d’ apprentissage du violon, lorsque j’avais entre 11 et 16 ans, au côté de mon professeur d’origine arménienne à Marseille, Jean Ter Merguerian avec lequel je les ai étudiées en détail. Il m’a fait découvrir les enregistrements de ces pièces par le grand violoniste russe Jascha Heifetz, qui deviendra mon idole. En somme, la découverte du Nouveau Monde pour moi. Et par un travail minutieux, sans relâche, il m’a fait ressentir et calibrer chaque inflexion. Ces pièces, je les transporte avec moi aux quatre coins du monde. Parce que, bien sûr, à l’étranger, je suis une violoniste francaise donc elles me sont souvent demandées et aussi, tout simplement, parce que je les adore et je ne me lasse pas de les jouer, d’y trouver de nouvelles « tournures » cà ou là. 

🎧Ecoutez donc cela :

👉

Pour le reste, musique de chambre et concerto de Beethoven, je vous en parlerai dans un prochain article. 

. Les collaborations

En ce qui concerne les collaborations artistiques, j’ai hâte de retrouver le groupe de musiciens du Leicester International Music Festival . Ce sera la quatrième fois que j’y retournerai. J’y jouerai notamment avec Nicholas Daniel, fabuleux oboiste anglais et Katya Apekisheva, magnifique pianiste russe basée à Londres.

En récital je me produirai à Düsseldorf et à Poitiers avec le pianiste francais, Aurélien Pontier. 

Nous nous connaissons avec Aurélien depuis l’époque de nos études au CNSM de Paris et cela fait bien dix ans que nous jouons ensemble. Il est précieux de voir ce genre de collaboration perdurer et se développer avec le temps. On en finit par pouvoir jouer ensemble les yeux fermés tout en trouvant toujours des aspects stimulants. Et en marge de nos répétitions, nous partageons aussi beaucoup de conversations politiques entre autres, d’autant qu’Aurélien est féru d’histoire.

Avec Abdel Rahman El Bacha, c’est une collaboration qui remonte à 2013 lors d’un premier récital à la Criée à Marseille dans le cadre de la Folle Journée. Nous avions joué des sonates de Beethoven. 

L’entente a été immédiate, dès la première lecture, c’était comme si nous avions toujours joué ensemble. Dans mon ressenti, cela avait à voir avec une même quête du silence et un sens aigu de l’écoute.  Depuis, nous avons rejoué ensemble au Japon lors de la folle Journée, à Noirmoutier et à Cholet. 

Au répertoire en plus de Beethoven, nous avons exploré Prokofiev, Bartok et surtout Schumann, dont nous avons joué les deux sonates dans un même festival. Ce fut une expérience grandiose, d’une grande intensité, d’autant que nous avons joué tous les deux par coeur. 

Jouer sans partition en sonate est chose assez rare. Quelques grands duos de musiciens ont pratiqué cela, comme Christian Ferras et Pierre Barbizet. 

👉

Il faut dire que se produire sans partition est un vrai défi. Cela demande une préparation conséquente et chronophage, une étude et une connaissance de la partition globale en profondeur, de la part des deux partenaires et une grande confiance en soi et en l’autre. 

Mais la récompense est à la hauteur de l’effort. C’est à croire que les auditeurs percoivent que lors du concert, nous évoluons sur un fil et que nous restituons la musique du plus profond de notre psyché. Cela produit des interprétations « live » d’une intensité sans pareil, avec une prise de risque et une spontaneité réelle. Impossible de se cacher derrière la partition, la musique, intégrée et gravée dans notre tête et dans notre corps, doit jaillir de notre inconscient. 

En parallèle à l’étude des partitions de Schumann je relisais des textes du compositeur. Et voilà ce que j’ai trouvé justement dans ses « Ecrits divers du musicien » dans « Règles de conduite d’un musicien » (in Solfèges p.180) :

👓

«  Mais qu’appelle-t-on être musicien ? Tu ne l’es pas si, tenant les yeux attachés avec anxiété sur la musique, tu as de la peine à jouer ton morceau jusqu’au bout ; tu ne l’es pas si (quelqu’un t’ayant, par exemple, tourné deux pages à la fois), tu restes en plan et ne peux continuer. Mais tu l’es, si, dans un morceau nouveau, tu pressens à peu près ce qui va suivre, ou si, dans un morceau que tu connais, tu le sais par coeur, – en un mot, si tu as la musique non seulement dans les doigts, mais encore dans la tête et dans le coeur. »

Pour finir …

J’espère vous croiser dans ces prochains mois. 

Surtout, venez me voir en backstage ! Cela me fera très plaisir. Des amis m’ont dit parfois ne pas oser venir pour ne pas me déranger, certes il arrive qu’on soit obligé de filer à une réception ou à une signature de disques, ou bien que l’on soit juste épuisé. Mais en général, c’est une récompense que de voir des visages familiers et d’avoir des retours après avoir tout donné sur scène.

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Alors, discutons dans les commentaires. Je me réjouis de vous lire et d’échanger par écrit ici, en attendant de vous voir en vrai !

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The new season is starting !

The new season is starting !

Dear friends, liebe Freunde, cher.e.s ami.e.s,
here is an overview of my concert dates for the next months. I will be travelling a lot. I hope to see many of you here and there. Please do let me know if you are coming to some concerts and most importantly, come and say Hi afterwards ! Sometimes some people think it disturbs the artist and they don’t dare come but let me tell you something, it is not true for me. Of course, it might happen that I am exhausted and need to get changed very quickly or that I am just starving, but being in touch with the audience after a performance is so rewarding.
That being said, I look forward to playing with wonderful colleagues like Nicholas Daniel, Katya Apekisheva and Leonard Elschenbroich in Leicester (UK), Aurélien Pontier in Düsseldorf (Germany) and Poitiers (France), Abdel Rahman El Bacha and Tedi Papavrami in Italy. And the repertoire is going to be huge : french solo pieces and Beethoven Concerto, sonatas by Schumann, Brahms, trio by Beethoven, lots of chamber music by Dvorak, Martinu, Bartok and Rachmaninoff and contemporary music by Thea Musgrave. Wish me luck ! And See you soon !

 

Back from the States, masterclasses at Brussels Royal Conservatory

After a great time in the States (Oregon University and San Francisco), back to Europe. I will giving masterclasses at the Royal Conservatory in Brussels on March Wed. 28th and Thur. 29th. Looking forward !

https://www.kcb.be/nl/agenda/marina-chiche-viool

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Folle Journée en région : Récital au Théâtre de Cholet

Bonjour ! Le Dimanche 28 Janvier à 15h45, je jouerai en récital avec Abdel Rahman El Bacha au Théâtre Saint Louis de Cholet dans le cadre de la Folle Journée en région. La puissante et poétique sonate de Prokofiev nr.1 ainsi que les danses roumaines de Bartok. Venez nombreux !

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Hamburg 18. Januar 2018 : Rezital !

Hallo liebe Freunde,
Bis bald in Hamburg ! Wir spielen am Donnerstag um 19:30 Uhr mit Alina Azario Schubert, Mozart, Ysaye, Bartok.

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The young violinist Marina Chiche has an innate ability to captivate and inspire her audiences. Her artistic activities bear witness to her versatility as a musician; as soloist, chamber musician and teacher she is equally at home in any repertoire. This broad spectrum encompasses period instrument performance, contemporary music and directing ensembles from the violin. Communicating through music is an essential part of her artistic identity. She has a need both to express and impart her passion for music, be it through playing, lecture recitals, radio broadcasts or teaching.
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