#36 - Fritz Kreisler, le grand violoniste qui avait fait médecine
Une histoire de médecine, de tranchées et de... disque de violon !

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– le 28 Janvier à Marseille au Théâtre de La Criée

– le 3 Mars à Paris : Concert de sortie de mon nouvel album au Reid Hall ❗
Plus d’infos prochainement

Peut-on faire médecine et devenir un grand violoniste ?

ou pourquoi tout le monde devrait connaitre Fritz Kreisler !

 

Aujourd’hui j’aimerais vous parler du grand violoniste autrichien Fritz Kreisler (1875-1962).
Kreisler était un immense violoniste, sans doute l’un des plus grands du XXe siècle. Il laisse des enregistrements d’anthologie et tous les musiciens qui ont eu la chance de l’entendre en vrai et de le côtoyer sont unanimes : c’était un violoniste unique, à la sonorité absolument irrésistible et un vrai gentleman.

 

 

A écouter absolument !
💿 A écouter absolument !
💿 Kreisler by Kreisler : cliquez ici

Un parcours de vie exceptionnel

Fritz Kreisler, c’est aussi un parcours de vie passionnant, la petite et la grande histoire qui se croisent et une source inspiration pour tout le monde !

A suivre les différentes phases de sa vie et de sa carrière, on retrouve des valeurs de persévérance et de curiosité, des doutes, des échecs et de triomphes, des exils, une force de réinvention de soi…

Regardez plutôt !

  • Après des études précoces au Conservatoire de Vienne, il vient étudier au Conservatoire de Paris et en ressort avec son premier prix à douze ans.

    et en ressort avec son premier prix à douze ans.

    Ce fut une de mes grandes découvertes de l’été lors de mes recherches sur la grande violoniste française Ginette Neveu (1919-1949) : combien de grands violonistes du monde entier sont passés par le conservatoire de Paris au XIXe puis au début du XXe !



    => Sur ce sujet, vous pouvez ré-écouter en podcast l’épisode 4 de la série “Mon coeur est un violon” intitulé ” Paris 1900 : Capitale du violon “

 

 

Kreisler y étudie dans la classe du belge Lambert Massart qui écrit à son père :
” J’ai été le professeur de Wieniawski et de beaucoup d’autres, mais le petit Fritz sera le plus grand de tous. “

  • Il fait ses débuts aux Etats-Unis comme enfant prodige lors d’une grande tournée. Pourtant sa carrière de prodige ne décolle pas vraiment !
  • Alors, il rentre à Vienne faire des études générales et se passionne de littérature, apprend plusieurs langues ainsi que le latin et le grec.



    Qui a dit qu’il fallait ne faire “que” de la musique ? Et si la spécialisation n’était qu’une obsession de notre temps, même dans le domaine de la musique ?
  • Il fait deux ans d’études de médecine à l’université de Vienne, études qu’il abandonne pour aller faire un an de service militaire obligatoire.

    A son retour, il reprend le violon ! Mais les choses ne sont pas simples…Entre-temps plusieurs enfants prodiges fraîchement arrivés occupent la scène.
  • il rate le concours pour devenir assistant-concertmaster (premier violon solo) de ce qui sera l’Orchestre philharmonique de Vienne.
    On ne parle que bien rarement des échecs, pourtant qui n’a pas connu ce genre d’expérience ?
  • Il travaille encore plus intensément. Un an après, le chef Hans Richter l’invite à jouer en soliste avec cet orchestre qui ne l’avait pas accepté dans ses rangs !
    qui ne l’avait pas accepté dans ses rangs !
    belle preuve de persévérance
  • Sa carrière internationale explose : Berlin, toute l’Europe, les Etats-Unis à nouveau.
    Il enregistre notamment des disques pour le label RCA Victor et devient un nom célébrissime comme le ténor Caruso ou le pianiste Paderewski – un des Victor Immortals.

 

 

Il faudrait là aussi citer la merveilleuse violoniste américaine Maud Powell (1862-1920), qui a été tristement invisibilisée dans l’écriture de l’histoire des grands violonistes.
Je vous reparlerai !

  • La petite et la grande histoire se croisent
    Kreisler se retrouve engagé dans les tranchées de la 1ère Guerre mondiale du côté autrichien.

    Blessé sur le front russe, il écrit un livre là-dessus : Four weeks in the trenches.

 

 

Mais lorsque les Etats-Unis rentrent en guerre en 1917, cela se retourne contre lui ! Il doit alors annuler tous ses concerts. Il écrit un long texte dans le Mais lorsque les Etats-Unis rentrent en guerre en 1917, cela se retourne contre lui ! Il doit alors annuler tous ses concerts. Il écrit un long texte dans le New York Times pour justifier sa neutralité.

Sa popularité finit par se rétablir.

  • Puis c’est la 2e Guerre Mondiale qui s’annonce et des exils successifs.
    Kreisler établi alors à Berlin quitte l’Allemagne pour la France qui lui offre la citoyenneté francaise en 1938.
    Ceci dure jusqu’à l’établissement du régime de Vichy en 1940. Kreisler part alors pour les Etats-Unis.

Des disques et des "bis" ! 💿

Heureusement pour nous, il reste de très belles traces discographiques, accessibles grâce à de nombreuses “remasterisations”.

  • Par exemple, des enregistrements fabuleux avec le grand pianiste russe Sergei Rachmaninoff (1873-1943) : Sonates de Grieg, Schubert, et la 8e de Beethoven.
    Collector – Avis aux amateurs 
    ou avec le ténor irlandais John McCormack.
  • Et les « bis » :
    Les bis, ce sont ces pièces courtes que l’on joue à la fin d’un récital, des “miniatures”, pièces tantôt virtuoses, tantôt lyriques.
    Parfois il s’agit d’arrangements ou de transcriptions de mélodies célèbres ou de pièces écrites pour d’autres instruments.
    Je vous en parlais déjà dans un article précédent sur les enregistrements des violonistes du passé !

    ⭐️ On pourrait dire qu’il s’agit de la pop de la musique classique
    mais attention, pour les jouer, il faut développer tout un art subtil, rechercher une forme d’élégance et de charme sonore pour rendre tous les détails avec une aisance qui doit faire sembler l’exécution absolument sans effort !
    Et en cela, Kreisler était un maître du genre !
  • Le canular Kreisler

 

Kreisler a d’ailleurs lui-même composé une quantité incroyable de ces pièces, toutes plus réussies les unes que les autres. Des bijoux !

Mais il les avait écrites pour les jouer à la fin de ses récitals et conquérir le coeur du public. A cette époque, il ne souhaitait toutefois pas paraitre présomptueux en faisant constamment figurer son nom au programme.
Alors il trouve un subterfuge qui resta un secret pendant longtemps. Il dit qu’il avait retrouvé dans un couvent du Sud de la France des vieux manuscrits et qu’il les avait légèrement arrangés.

En 1935, il avoue le canular. En fait, il s’agit de ses propres compositions, parfois des pastiches et des mélodies originales.

Certains critiques, vexés, lui en tiennent rigueur et dénigrent ces pièces – pourtant irrésistibles.
Elles seront d’ailleurs adoptées depuis par tous les violonistes !

 

 

Rien de tel que : Kreisler plays Kreisler !

 

  • Outre ce répertoire, Kreisler laisse des cadences merveilleuses pour certains concertos dont celle du Beethoven, très célèbre. Celle du Brahms est aussi sublime et j’adore particuliérement celle écrite pour le Concerto de Paganini, concerto dont il a écrit une version géniale réorchestrée avec des touches viennoises et des touches quasi hollywoodiennes. Un régal !
  • Il existe aussi une très belle pièce solo dédiée au grand violoniste belge Eugène Ysaye (1858-1931) – Récitativo & Scherzo-Caprice que j’adore jouer.
    C’était une époque où les grands violonistes, amis, composaient pour le violon et s’offraient des pièces entre eux. Ysaye lui dédiera sa 4e sonate.

https://www.youtube.com/embed/qhQV__lLxxw

Live Novembre 2019 à la Synagogue Copernic

P.-S. :

En Février 2020 sortira chez NomadMusic mon nouvel album en hommage à Fritz Kreisler – il est en cours de finalisation… 😉
💿 Stay tuned …

🎬

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