#46 - La résonance - Echo, où es-tu ?
Une histoire de réverbération, de nymphe grecque...et de colibri !

🗓Nouvelle vidéo

🎶🎥 Le week-end dernier, j’ai enregistré une nouvelle vidéo pour l’association Musique et santé grâce à laquelle j’ai pu aller jouer à l’Hôpital Trousseau à l’automne dernier. #MerciAuxSoignants

Likez, partagez, abonnez-vous à la chaîne YouTube de l’association. Cela les aide dans la poursuite de leurs actions ! 
♥️

Chers amis,
 

Cette semaine, dans un moment de méditation, je me demandais ce qui me manquait le plus en tant que concertiste dans cette période de confinement .

Bien sûr, il y a 

  • l’anticipation du concert, 
  • l’adrénaline de la scène,
  • la joie de partager la musique avec d’autres musiciens,
  • celle de présenter les oeuvres que l’on aime et que l’on a préparées,
  • le contact direct avec le public dont on percoit les modulations de l’attention, comme par un sixIème sens, même si on joue les yeux fermés…


La liste est longue…et ces choses me semblent si lointaines déjà.

Pourtant malgré la sensation d’être parfois isolés et empêchés dans notre expression de musicien, puisque nos terrains de jeu ne nous sont plus accessibles, il y a une forte sensation de connexion et la musique classique semble jouer un rôle important dans cette période si particulière. 

Réverbération digitale

Il semblerait même que les contenus internet n’aient jamais été autant consultés. Par exemple, France Musique a posté sur sa page Facebook une vidéo de notre passage dans l’émission Génération France Musique, le Live de Février dernier avec Aurélien Pontier.

 

Il s’agissait du Schön Rosmarin de Fritz Kreisler que je partageais avec vous dans ma lettre sur la valse la semaine dernière et que nous avons enregistré dans notre album Post-scriptum
En 1 journée, 10 000 vues… depuis, plus de 30 k, 1,5k et 50 commentaires…
Des chiffres étonnants pour du classique !!

 

Bien sûr, cela nous a fait chaud au coeur de savoir que cette musique était largement diffusée, et donc continuait de se partager ! 
Mais soyons honnêtes, certaines choses sont difficilement remplaçables par le digital, en tout cas, pour l’instant. Elles se laissent difficilement “dématérialiser”.

Les résonances nécessaires

Parmi ces choses, ce qui me semble le plus difficle à recréer, c’est l’aspect physique de la transmission de la musique, l’aspect physique de l’onde vibratoire … de sa propagation dans l’air 

Car il y a quelque chose de physique dans la diffusion de la musique… 

Cet aspect est fascinant…

Clin d’oeil musical : Il existe, en physique, un phénomène appelé “résonance de Schumann” qui concerne les ondes électro-magnétiques…

Je vous en propose une version musicale… avec effet magnétique garanti 

=> attention ! A n’écouter que si vous avez le coeur bien accroché…ou que vous soignez la mélancolie par la mélancolie 😉
A chacun ses remèdes musicaux !

La mise en vibration

Ce que chaque musicien cherche sans doute, c’est à mettre en vibration : soi-même, l’instrument, le lieu dans lequel on joue… 

On pourrait dire que l’on recherche de l’écho – à tous les sens du terme.Par exemple il y a un terme que j’adore, c’est celui de résonance sympathique. On l’utilise notamment pour désigner des cordes à vide qui se mettent à vibrer “par ricochet” on pourrait dire…
Ainsi lorsque je joue un LA sur la corde de Ré, s’il est très juste, ma corde de LA à vide, à côté va se mettre en vibration ! Magique…
 

La résonance recherchée, c’est aussi celle des lieux. On joue son instrument, mais on “joue” aussi la salle.
Parfois, la durée de la réverbération peut être même trop longue. Dans certaines églises, le discours musical en devient inaudible. 

Relation espace et le temps

Il existe un vrai impact musical de ces paramètres. Selon le lieu où la musique est jouée et donc selon son acoustique, le tempo devra être adapté. 
C’est un aspect interprétatif dont Sergiu Celibidache, l’un des plus grands chefs du XXe siècle était maître.

Parsifal – Wagner Celibidache / Münchner Philharmoniker

D’ailleurs dans Parsifal, Gurnemanz ne dit-il pas : « Zum Raum wird hier die Zeit ».

 

Ici le temps devient espace…

 

Alors, dans cette distension de la temporalité provoquée par le confinement, où sont les espaces à faire sonner, résonner ?
Comme dans la mythologie grecque, sans Echo, il ne reste que Narcisse…
Alors, nous devons peut-être nous replier dans la grotte de l’intime, où la nymphe Echo s’est réfugiée, investir ce nouveau lieu où créer une nouvelle forme de résonance.

 
Car sans doute, l’écho ultime que l’on cherche à faire vibrer, est peut-être autre part… dans l’espace intérieur, dans le coeur de chacun ?

La goutte du musicien

Pour finir, j’aimerais partager avec vous une jolie histoire qu’un ami m’a rappelé récemment. 

L’histoire du colibri

Je cite de ce site

il s’agit d’une légende amérindienne, racontée par Pierre Rabhi :

Un jour, dit la légende, il y eut un immense incendie de forêt. Tous les animaux terrifiés, atterrés, observaient impuissants le désastre. Seul le petit colibri s’activait, allant chercher quelques gouttes avec son bec pour les jeter sur le feu. Après un moment, le tatou, agacé par cette agitation dérisoire, lui dit : Colibri ! Tu n’es pas fou ? Ce n’est pas avec ces gouttes d’eau que tu vas éteindre le feu ! “

Et le colibri lui répondit : “Je le sais, mais je fais ma part.”

 

Alors, après ces quelques semaines de silence, j’ai essayé d’apporter modestement quelques gouttes musicales à l’association Musique et Santé 

et je vous propose de se retrouver sur ma page Facebook pour un Facebook Live de 18h à 18h30 à partir d’aujourd’hui.

Ce sera un moment « Dans l’atelier de Marina »pour continuer de créer des échos et des résonances entre nous !

P.-S. :   

J’espère que vous et vos proches vous portez bien et tenez bon…
Prenez soin de vous !

Très affectueusement,

Marina 🎻

🎬 

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